dimanche 15 juin 2008

"Zemmour est fou" : article de Basile de Koch publié dans Valeurs Actuelles

Par Basile de Koch, le 30-05-2008
Publié dans Valeurs Actuelles



Vous me connaissez : je tiens mes promesses, à défaut de celles des autres… J’avais dit que je reviendrais sur le “phénomène Zemmour”; eh bien, me voilà! On peut observer le phénomène, entre autres, tous les week-ends en multidiffusion sur i-Télé, dans l’émission Ça se dispute, et chez Ruquier le samedi soir sur France 2.Le succès d’Éric Zemmour tient, “en première analyse”, à un truc simple : il est le seul sur son créneau – ce qui en fait un boulevard! Non seulement le Zemmour pense, mais il dit ce qu’il pense ; peut-être pas tout ce qu’il pense, mais rien que ce qu’il pense. Ça suffit à en faire un animal de foire, dans un Paf envahi par les “parlologues” qui se contentent de raconter les faits et d’en imaginer les effets. Éric, lui, remonte systématiquement aux causes: il décrypte.



Sa grille de lecture, il n’en fait pas mystère, est radicalement droitière. Mais attention! Zemmour n’est jamais aussi mordant que quand il critique la droite au nom de ses propres principes (à elle et à lui). C’est même ce qui le sauve aux yeux de notre intelligentsia – toujours friande d’attaques contre la droite,même quand elle ne les comprend pas…

Il y a autre chose : l’inébranlable bonne humeur de notre ami. Caricaturé, hué, il ne se départit jamais de son bon sourire – sauf le cas échéant pour rigoler franchement. Il joue même à merveille de son physique genre souffre- douleur de cour de récré pour désamorcer les vérités explosives qu’il balance à la tête de tout le monde… et surtout de la droite.

Il fallait l’entendre,samedi dernier sur i-Télé: on aurait juré que son objectif était de se faire le plus d’ennemis possible chez ses supposés amis. Trois interventions, trois attaques en règle contre la “droite”française actuelle,du plus superficiel au plus profond (la gauche, elle, devant se contenter de quelques blagues condescendantes).

« L’un des problèmes majeurs du sarkozysme, explique Éric, c’est la tendance irrépressible du président à court-circuiter les institutions dès lors qu’elles l’empêchent de tout gérer tout seul. »

Et notre Dr Folzemmour de poursuivre froidement l’autopsie, sans souci apparent des conséquences : « Le drame de la droite, celle de Giscard comme celle de Chirac et même de Sarkozy, c’est qu’elle est fascinée par la gauche et méprise sa propre famille. »

L’explication de cet étrange masochisme ne tarde pas: c’est, tout simplement, « l’escroquerie » de cette droite qui « vénère le marché tout en refusant ses effets : consommation, mondialisation, immigration, dégradation des mœurs… »

Reste une question: pourquoi, depuis dix ans, Éric Zemmour va-t-il toujours plus loin dans le saccage décontracté des tabous de l’époque? Et plus grave encore, dans la dénonciation du désordre prévalant dans le “parti de l’ordre”? Inconscience,prise de conscience, ou les deux mon général ? Quoi qu’il en soit, moi, Zemmour, j’achète… tant qu’il est en vente libre!

Source de l'article : ici.

Zemmour dans "Ca se dispute" sur I-télé, le 13 Juin 2008




Emission du vendredi 13 Juin 2008.

Au sommaire :
- Fillon, la force tranquille ?
- Sarko marionnettiste du PAF ?
- Les Chirac sont-ils éternels ?

Merci à Romain C. pour la mise à disposition de la vidéo.

lundi 9 juin 2008

Zemmour face à Jacqes Vergès




Partie 1/2




Partie 2/2

Emission du 3 Mai 2008

Histoires de Président

Par Eric Zemmour
Publié le 23/05/2008 dans le Figaro
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Nicolas Sarkozy a peut-être une vocation rentrée de prof d'histoire. Pas de semaine sans qu'il n'intervienne dans ces matières à hauts risques. N'exigeait-il pas récemment qu'on inscrive l'esclavage dans les programmes de CM1 et CM2 - où il est déjà enseigné ?

Pendant la campagne présidentielle, on avait compris le projet de Sarkozy : renouer avec la vision héroïque d'une France glorieuse, dont gaullistes et communistes avaient maintenu l'héritage dans l'après-guerre, avant qu'elle ne succombe sous les traits acérés de la haine de soi et de la repentance, par l'alliance de la « bien-pensance » de gauche et du primitivisme chiraquien. Depuis son élection, là aussi, son message s'est brouillé. A Alger, il condamne la colonisation pendant qu'à Dakar, il tance les Africains qui ne sont pas « entrés dans l'histoire ».

Il exalte les « racines chrétiennes de la France », puis le chantre de la « négritude », Aimé Césaire - un des plus violents contempteurs de la colonisation mais aussi de l'assimilation à la française.

Un jour, Sarkozy suggère que les enfants de 10 ans prennent en charge la mémoire d'un enfant juif déporté, et, quelques semaines plus tard, il déclare que la France n'était pas à Vichy, revenant sur le discours du Vél'd'Hiv de Chirac. Les virevoltes historiques du Président donnent le tournis.
Le candidat a fait campagne contre les lois mémorielles ; le Président a confié mission à Christiane Taubira de vérifier le respect de « sa » loi qui fait de l'esclavage un crime contre l'humanité. Le candidat Sarkozy avait compris que la France avait besoin d'être fière de son passé national pour se projeter dans un avenir incertain ; le Président semble à son tour tenté par une gestion communautarisée des histoires.