Par Éric Zemmour
Publié le 28/08/2009 dans Le Figaro
A Marseille, la semaine dernière, elle avait joué « Portrait de groupe avec dame ». L'ancienne giscardienne avait posé pour une photo de famille de la gauche plurielle. Mais Marielle de Sarnez arborait la naturelle décontraction bourgeoise qui sied rive gauche ; et le discours anti-Sarkozy qui ravit ce public de communistes, socialistes et Verts mêlés. Il ne faut pas s'en étonner.
C'est elle qui depuis vingt ans a converti François Bayrou, jeune député provincial imprégné d'un catholicisme social mais conservateur, aux rudiments du prêt-à-penser libertaire de Mai 68. Parfois, le Bayrou d'avant reprend le dessus, comme face à Cohn-Bendit lors des européennes, et fait fuir les électeurs bobos scandalisés par ce soudain accès de moralisme. Et Marielle-Sisyphe de tout recommencer.
L'objectif stratégique de Bayrou est pourtant écrit à la fin de son « Mai 68 pour les nuls ». Bayrou aime tellement le PS qu'il préfère qu'il y en ait deux. Depuis le référendum européen de 2005, les sociaux-libéraux qui, au nom de l'Europe, acceptent les contraintes de la mondialisation ne se sont pas vraiment rabibochés avec ceux qui s'accrochent au modèle étatiste et égalitaire français, enrubanné dans le lyrisme révolutionnaire d'antan.
Pourtant, c'est justement au nom de la défense d'un modèle français menacé par la mondialisation que Bayrou propose l'édification de son front anti-Sarkozy ! Allez comprendre. Mais, tactiquement, la question de l'alliance avec le MoDem peut faire exploser le parti de Martine Aubry. Ainsi Romano Prodi a-t-il naguère vaincu Berlusconi en mariant une gauche morcelée aux centristes. Jadis prédateur, le PS est devenu proie.
Mais Bayrou est désormais concurrencé par Cohn-Bendit et les Verts, qui songent eux aussi à débrancher le moribond socialiste pour le remplacer. Bayrou continuera donc à méditer cette sentence de Bismarck qu'il aime tant : «Dans un système à trois, il faut être l'une des deux puissances.»
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samedi 29 août 2009
mardi 25 août 2009
Zemmour dans Le Figaro : Hénin-Beaumont, ultimes questions
Par Éric Zemmour
Publié le 10/07/2009
Saura-t-on jamais pourquoi les habitants de Hénin-Beaumont n'ont finalement pas voulu mettre la liste du Front national à la tête de leur mairie ?
Ont-ils cru que les loups entraient dans leur ville ? Que Marine Le Pen était antisémite et nostalgique de la Waffen-SS bien qu'elle ait construit sa carrière politique sur le refus systématique des « dérapages » reprochés à son père ? Ont-ils entendu le chant élyséen qui les exhortait à sauver la démocratie en danger ?
Ont-ils compris que Valérie Pécresse les incitait à ne pas voter pour le FN après leur avoir dit de ne pas choisir, et que les appels de Xavier Bertrand en faveur du « front républicain » rendaient furieux les (rares) électeurs UMP du cru ?
Ont-ils voulu éviter que le Ch'ti de New York Dany Boon ne décide Obama à envoyer les « boys » pour les libérer ? Ont-ils deviné que Martine Aubry nettoierait au plus vite les écuries d'Augias du socialisme nordiste ?
Ont-ils voulu favoriser la candidature de Bruno Gollnisch à la succession de Jean-Marie Le Pen ? Mettre un coup d'arrêt à la vague « populiste et nationaliste » montée partout lors des européennes ? Permettre à Nicolas Sarkozy de continuer à s'enorgueillir d'avoir « tué Le Pen » ?
Ont-ils craint que les subventions régionales et départementales leur soient supprimées ? Que leurs services sociaux ferment les uns après les autres ? Ont-ils voulu se débarrasser des bataillons de journalistes, caméras au poing comme des armes, qui détruisaient la tranquillité de leur existence ?
Et derrière eux, la centaine de militants d'extrême gauche antiraciste montés de Paris pour casser du « fasciste » ? Ont-ils eu peur d'être ostracisés éternellement alors qu'ils subissaient déjà la face obscure de la « mondialisation heureuse » : désindustrialisation massive, chômage de masse, immigration débridée, violence croissante ? Salauds de pauvres.
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Publié le 10/07/2009
Saura-t-on jamais pourquoi les habitants de Hénin-Beaumont n'ont finalement pas voulu mettre la liste du Front national à la tête de leur mairie ?
Ont-ils cru que les loups entraient dans leur ville ? Que Marine Le Pen était antisémite et nostalgique de la Waffen-SS bien qu'elle ait construit sa carrière politique sur le refus systématique des « dérapages » reprochés à son père ? Ont-ils entendu le chant élyséen qui les exhortait à sauver la démocratie en danger ?
Ont-ils compris que Valérie Pécresse les incitait à ne pas voter pour le FN après leur avoir dit de ne pas choisir, et que les appels de Xavier Bertrand en faveur du « front républicain » rendaient furieux les (rares) électeurs UMP du cru ?
Ont-ils voulu éviter que le Ch'ti de New York Dany Boon ne décide Obama à envoyer les « boys » pour les libérer ? Ont-ils deviné que Martine Aubry nettoierait au plus vite les écuries d'Augias du socialisme nordiste ?
Ont-ils voulu favoriser la candidature de Bruno Gollnisch à la succession de Jean-Marie Le Pen ? Mettre un coup d'arrêt à la vague « populiste et nationaliste » montée partout lors des européennes ? Permettre à Nicolas Sarkozy de continuer à s'enorgueillir d'avoir « tué Le Pen » ?
Ont-ils craint que les subventions régionales et départementales leur soient supprimées ? Que leurs services sociaux ferment les uns après les autres ? Ont-ils voulu se débarrasser des bataillons de journalistes, caméras au poing comme des armes, qui détruisaient la tranquillité de leur existence ?
Et derrière eux, la centaine de militants d'extrême gauche antiraciste montés de Paris pour casser du « fasciste » ? Ont-ils eu peur d'être ostracisés éternellement alors qu'ils subissaient déjà la face obscure de la « mondialisation heureuse » : désindustrialisation massive, chômage de masse, immigration débridée, violence croissante ? Salauds de pauvres.
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jeudi 20 août 2009
samedi 27 juin 2009
Zemmour dans "Ca se dispute" sur I-Télé, le samedi 20 Juin 2009. p
Au sommaire :
- Travailler ... Jusqu'à quel age ?
- Sarko Story
- Si Versailles m'était conté
- Le Temps des Rumeurs
- PS sans GPS
- L'image de la semaine
- Dany Superstar ?
- Le mot de la semaine : "Passe ton bac d'abord"
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dimanche 14 juin 2009
Zemmour dans "Ca se dispute" sur I-Télé, le samedi 13 Juin 2009.
Au sommaire :
- Européennes : abstentionnistes !
- Européennes : le PS
- Européennes : les Verts
- Européennes : Bayrou
- Européennes : Marine Le Pen
- Le remaniement
- Loi Hadopi : nouveau revers
- L'image de la semaine
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Eric Zemmour dans "L'Hebdo" du 13 Juin 2009, sur France Ô.
1/3
2/3
3/3
Émission abordant entre autres la mort d'Omar Bongo et les résultats des Européennes.
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samedi 13 juin 2009
Le terrible isolement du PS français
Par Éric Zemmour
Publié le 05/06/2009 dans Le Figaro Magazine
Professionnels. Les socialistes ont achevé leur campagne sans passion ni enthousiasme, mais sans sortie de route. L'affichage ostentatoire de l'unité a fait rire - meeting commun Royal-Aubry -, n'a convaincu personne - soutien de toute sa génération à Benoît Hamon -, mais a réussi à étouffer les vrais débats : Manuel Valls qui ose approuver dans Le Figaro le projet de loi Estrosi sur les bandes. L'instinct de survie électorale existe encore au PS. Les européennes n'ont rien réglé pour la présidentielle, mais n'ont pas pourri les régionales. L'essentiel pour ce parti d'élus.
Alors que l'UMP manque de réserves, le PS en a trop ; la bonne campagne de Mélenchon redonne du poids à gauche ; le MoDem est derrière son leader maximo et Cohn-Bendit a fait du bouche-à-bouche aux Verts. Les grands feudataires locaux décideront au cas par cas et, Rue de Solferino, on s'étripera sur «l'union de la gauche» ou «la modernité». Un classique. Le jeu de bascule entre le centre droit et l'extrême gauche, qui occupe les socialistes depuis la IIIe République, n'est pas près de cesser.
Entre-temps, les socialistes français auront pu mesurer leur terrible isolement en Europe. Pour marquer leur retour à gauche, le PS avait fait de Barroso sa tête de Turc. L'idée n'était pas malhabile tactiquement tant le président de la Commission incarne la mondialisation libre-échangiste, la «concurrence pure et non faussée», et l'atlantisme sans complexe. Tout ce que les socialistes français ont entériné depuis près de vingt ans, votant l'essentiel des mesures au Parlement européen avec la droite.
L'hostilité à Barroso permettait de se défausser en douceur. Mais les socialistes espagnols et anglais, les Allemands aussi, refusèrent de lâcher le terne patron de Bruxelles. Les socialistes français se sont inclinés. Une fois de plus. Se sont retournés contre Sarkozy. Mais la dynamique de campagne fut alors brisée.
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Publié le 05/06/2009 dans Le Figaro Magazine
Professionnels. Les socialistes ont achevé leur campagne sans passion ni enthousiasme, mais sans sortie de route. L'affichage ostentatoire de l'unité a fait rire - meeting commun Royal-Aubry -, n'a convaincu personne - soutien de toute sa génération à Benoît Hamon -, mais a réussi à étouffer les vrais débats : Manuel Valls qui ose approuver dans Le Figaro le projet de loi Estrosi sur les bandes. L'instinct de survie électorale existe encore au PS. Les européennes n'ont rien réglé pour la présidentielle, mais n'ont pas pourri les régionales. L'essentiel pour ce parti d'élus.
Alors que l'UMP manque de réserves, le PS en a trop ; la bonne campagne de Mélenchon redonne du poids à gauche ; le MoDem est derrière son leader maximo et Cohn-Bendit a fait du bouche-à-bouche aux Verts. Les grands feudataires locaux décideront au cas par cas et, Rue de Solferino, on s'étripera sur «l'union de la gauche» ou «la modernité». Un classique. Le jeu de bascule entre le centre droit et l'extrême gauche, qui occupe les socialistes depuis la IIIe République, n'est pas près de cesser.
Entre-temps, les socialistes français auront pu mesurer leur terrible isolement en Europe. Pour marquer leur retour à gauche, le PS avait fait de Barroso sa tête de Turc. L'idée n'était pas malhabile tactiquement tant le président de la Commission incarne la mondialisation libre-échangiste, la «concurrence pure et non faussée», et l'atlantisme sans complexe. Tout ce que les socialistes français ont entériné depuis près de vingt ans, votant l'essentiel des mesures au Parlement européen avec la droite.
L'hostilité à Barroso permettait de se défausser en douceur. Mais les socialistes espagnols et anglais, les Allemands aussi, refusèrent de lâcher le terne patron de Bruxelles. Les socialistes français se sont inclinés. Une fois de plus. Se sont retournés contre Sarkozy. Mais la dynamique de campagne fut alors brisée.
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